030 : Le crédit en période de COVID

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Toute affirmation concernant l'ampleur des bouleversements engendrés par l'année 2020 risque d'être un euphémisme. Outre la nécessité de repenser leur vie personnelle et leurs habitudes, de nombreux investisseurs ont été contraints de revoir leur conception du risque et des pertes potentielles – un sujet auquel nous avons consacré énormément de temps ces six derniers mois.

Bien que GRAPH s'enorgueillisse de réfléchir de manière créative aux opportunités de création de valeur pour les nouveaux propriétaires, nous sommes souvent sollicités par des clients qui sont des investisseurs en crédit pour mener des enquêtes approfondies sur les risques de baisse.


En tirant des enseignements de cette expérience (atypique) pour l'ensemble de la communauté des sponsors, quelques bonnes “ pratiques à adopter face aux risques ” se dégagent et pourraient s'avérer utiles à tous les investisseurs :

  1. Les investisseurs en crédit s'efforcent souvent davantage de “ sensibiliser ” le risque de baisse : Étant donné que de nombreux scénarios pertinents pour les investisseurs sont axés sur le potentiel de croissance ou impliquent de nouveaux investissements de capitaux, nos mandats de connaissance du client (CDD) traditionnels, orientés vers les investisseurs, tendent à privilégier les opportunités de création de valeur. Nos documents destinés aux investisseurs en crédit, quant à eux, analysent en profondeur les principaux scénarios défavorables et s'interrogent sur les facteurs de résilience opérationnelle et financière de l'entreprise.
  1. Essentialisation proactive des principaux indicateurs de performance : L'un des principaux enseignements de cette analyse approfondie des scénarios défavorables est que les investisseurs en crédit avertis apprennent à examiner de près les indicateurs clés de performance susceptibles d'affecter l'entreprise en cas de difficultés. Des éléments tels que les taux de désabonnement, les lignes de métier à fort effet de levier opérationnel et la concentration des marges brutes sur certains comptes deviennent des sujets de discussion essentiels, l'objectif étant d'identifier des indicateurs avancés à suivre. L'identification de ces indicateurs précoces de difficultés est également précieuse pour les sponsors. En anticipant les problèmes, ils impressionnent les prêteurs potentiels en répondant proactivement à ce besoin.
  1. L’analyse de crédit restreint toujours le champ d’action, “ déconstruisant ” le travail : GRAPH a réalisé des projets d'envergure pour des investisseurs en crédit, se concentrant exclusivement sur des sujets tels que les taux de désabonnement. Ce niveau de spécialisation permet d'isoler certains éléments clés. ce qui compte vraiment à partir d'analyses d'entreprises approfondies. Certains investisseurs demandent la même analyse boursière pour des opérations très différentes ; c'est un gaspillage de ressources et une distraction potentiellement dangereuse qui détourne l'attention des véritables enjeux. Nous pensons que nos meilleurs clients investisseurs en actions procèdent de même : en ciblant leurs efforts et en adoptant une approche progressive et méthodique des questions essentielles par ordre de priorité, ils parviennent à obtenir des résultats concrets. plus rapide En renforçant la confiance dès le début du processus, ils bénéficient en outre des outils nécessaires pour devenir des membres efficaces du conseil d'administration, en s'étant concentrés sur les questions essentielles.

Bien sûr, les scénarios pessimistes peuvent être accablants ces temps-ci : la COVID-19 a engendré une incertitude considérable quant à l’offre et à la demande pour de nombreuses entreprises. Dans ce contexte, identifier le bon scénario pessimiste peut s’avérer complexe. Il convient de commencer par les fondamentaux : qu’est-ce qui stimule la demande ? Ensuite, il faut analyser les comportements qui se développent lorsque celle-ci est menacée, quelle qu’en soit la cause potentielle. Il faut ensuite se pencher sur les forces de l’entreprise et déterminer (sans exagérer) sa capacité à influencer la demande, ainsi que son aptitude à identifier et à développer des activités commerciales dans les segments de marché où la demande est résiliente. Quel que soit le scénario, un enseignement clé que nous avons tiré est l’importance de bien distinguer les changements susceptibles d’être permanents de ceux qui ne sont que temporaires. Nos clients les plus avisés ne parlent pas d’un “ retour à la normale ” après la COVID, mais plutôt d’une réinvention de ce à quoi l’entreprise pourrait ressembler une fois les contraintes assouplies. Cela ne signifie pas forcément un avenir moins prometteur ; pour certains, un monde “ post-COVID ”, avec les investissements judicieux réalisés dès maintenant, pourrait offrir des gains plus importants, et non des opportunités réduites.